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Toxine botulique


De quoi s’agit-il exactement ?

La toxine botulinique est issue de la culture d’une bactérie, Clostridium botulinum. Cette substance chimique diminue la contraction des muscles en agissant au niveau de la jonction entre le nerf et le muscle (relaxation musculaire).
Elle est utilisée depuis plusieurs années en ophtalmologie et en neurologie, mais également pour l’hypersudation et en médecine esthétique, pour le traitement de certaines rides de la face.
La variété de toxine botulique utilisée en médecine esthétique (type A) n’est pas un poison ; il faudrait ingérer l’équivalent de 650 fois la dose utilisée pour le traitement des rides de l’ensemble du visage pour avoir des manifestations de botulisme.

Quelles sont les meilleures indications ?

Il faut bien comprendre que le mode d’action de la toxine botulique est complètement différent de celui de l’acide hyaluronique, même si tous deux sont indiqués dans les rides du visage. En effet, les injections de toxine botulique sont utiles pour corriger les rides d’expression, c’est-à-dire celles qui s’installent de par nos mimiques, conscientes ou non, et donc liées à la contraction de certains muscles du visage, qui sont soit intimement liés à la peau, comme au niveau frontal, soit mieux individualisés, comme ceux qui provoquent les rides du lion.
Globalement, ce sont les rides d’expression de la moitié supérieure du visage qui constituent les meilleures indications (et les plus fréquentes) des injections de toxine botulique, notamment les rides frontales, les rides du lion, les « bunny lines » (au niveau des ailes du nez) et les rides de la patte d’oie (autour des yeux).
On peut également relever la queue du sourcil, la tête du sourcil ou le sourcil entier, voire corriger une asymétrie, adoucir les rides inférieures de la paupière ou relever la pointe du nez.
Au niveau de la bouche et du menton, la prudence s’impose car les muscles sont nombreux et très intriqués et il importe de ne pas modifier la fonction de la plupart d’entre eux.
Les injections de toxine botulique peuvent également permettre d’atténuer les « cordes platysmales » parfois visibles de façon permanente au niveau du cou. Une bonne connaissance de l’anatomie des muscles du visage est dans tous les cas indispensable.
Enfin, une indication particulière concerne la transpiration excessive (ou hyperhidrose) au niveau des aisselles (voir plus loin).

Comment se passe une séance, quelles précautions faut-il prendre ?

Sachez tout d’abord qu’il faut prévoir une consultation de bilan initial, au cours de laquelle votre médecin effectuera un bilan complet de vos mimiques et rides d’expression. Il prendra des photos de votre visage et des différentes zones au repos et en faisant contracter les muscles concernés (soulever le front, froncer les sourcils, froncer les yeux, plisser le nez, etc). Il écoutera vos attentes, vous informera de façon complète, répondra à vos questions et vous remettra un devis et un formulaire de consentement éclairé. D’une façon générale, le devis est établi en fonction du nombre de zones à traiter, sachant que l’on distingue globalement 4 zones : le front, la glabelle (rides du lion), la zone péri-oculaire et les ailes du nez (plus éventuellement d’autres zones de la partie inférieure du visage).

Le jour des injections, vous n'avez pas besoin d'être à jeun. La douleur liée aux injections est minime ; l’application de crème anesthésiante est possible mais rarement utile. Le nombre de points d’injections dépend de la forme du visage et de la localisation des rides ; au niveau du front par exemple, 6 à 10 injections sont généralement réalisées de manière très superficielle, laissant apparaître de petites papules en volume qui disparaissent en quelques heures.
Il est important de limiter les risques de bleus ou de saignement en ne prenant pas d'acide acétyl-salicylique (aspirine) ou de médicament agissant sur la coagulation du sang pendant les 8 jours avant et après les injections.
Pendant les 2 heures qui suivent les injections, il est recommandé de ne pas faire de sport intensif, de ne pas pencher la tête en avant et de ne pas s’allonger. Il faut également éviter les massages locaux pendant les 24 heures qui suivent la séance pour limiter le risque de fuite du produit vers les muscles périphériques (effets non désirés).
Une consultation sera programmée 2 à 3 semaines après la première séance pour juger du résultat, prendre les photos de contrôle afin de pouvoir établir un comparatif avant-après, et, si nécessaire, effectuer quelques injections complémentaires.

Quand voit-on les effets, à quelle fréquence prévoir les séances ?

Les effets débutent progressivement vers le 2ème jour et sont complètement effectifs après 2 à 3 semaines ; entre-temps, une légère asymétrie est possible.
Les effets d’une première séance durent environ 4 mois, les jonctions neuromusculaires inactivées se régénérant progressivement. Il est recommandé de ne jamais rapprocher à moins de 3 mois les injections (sauf éventuelle « retouche » vers 2-3 semaines si nécessaire).
La répétition des injections permet d’obtenir des résultats de plus en plus durables (6 à 10 mois).
Le rajeunissement est obtenu en contrepartie d'une diminution, voire d’une disparition de certaines expressions du visage (l’action des muscles des zones traitées étant neutralisée). Vous devez en être conscient(e) pour éviter les risques de déconvenue, notamment si vous êtes acteur (actrice), présentateur (présentatrice), etc...
De plus, il faut savoir que si les injections de toxine botulique concernent des rides très marquées, avec une peau déjà bien « cassée », une seule séance d’injections ne suffira pas pour obtenir une correction complète ; jusqu’à 2 années d’injections répétées régulièrement peuvent être nécessaires, éventuellement associées à d’autres techniques comme les injections d’acide hyaluronique pour optimiser les résultats, par exemple au niveau des rides du lion.

Quelles sont les informations à communiquer à votre médecin ?

Vous devez informer votre médecin :

  1. Si vous êtes déjà soigné(e) par des injections de toxine botulinique pour des spasmes pathologiques, si vous avez eu un épisode de paralysie des muscles de la face, si vous souffrez d'une maladie neuromusculaire, d'un thymome ou de trouble de la coagulation.
  2. Si vous prenez des médicaments de la famille des aminosides (antibiotiques), des anti-coagulants ou de l’aspirine, si vous êtes allergique à l’oeuf ou à l’albumine. L’injection de toxine botulinique est alors contre-indiquée.
  3. Si vous êtes enceinte, même de quelques jours ; au moindre doute, effectuez les examens nécessaires et communiquez-en les résultats à votre médecin, car les injections devront être repoussées.
  4. D'une manière générale, vous devez mentionner le moindre problème de santé à votre médecin avant les injections.

Quels sont les risques ?

Ils sont rares, mais peuvent être gênants. Même les effets indésirables les plus rares doivent vous être notifiés dans le consentement éclairé. Dans tous les cas, ils sont transitoires, comme les effets de la toxine botulique sur les rides !
Localement, il peut y avoir une rougeur ou un hématome (bleu) au point d’injection, un gonflement autour des yeux qui peut s’installer en 4 à 5 jours et décroître ensuite en quelques jours ou semaines, des troubles de la sensibilité avec sensation de tension du front ou de fixité, des douleurs fugaces oculaires ou faciales.
Sont également possibles : persistance de ridules, asymétrie, surélévation d’un sourcil, troubles de la mimique, maux de tête, descente du sourcil ou de la paupière, sécheresse oculaire et de manière très exceptionnelle : allergie, nausées, vertiges, fatigue, syndrome grippal, sécheresse cutanée ou buccale. La chute de la paupière supérieure est l’effet indésirable possible le plus gênant ; tout massage ou manipulation pouvant favoriser la diffusion du produit vers l’œil dans les heures suivant les injections doit scrupuleusement être évité.

Une indication à part : l’hyperhidrose (transpiration excessive) axillaire

La sueur est produite par les glandes sudoripares, dont la densité varie d'un endroit à l'autre du corps (supérieure à 250/cm² au niveau des aisselles et à 400/cm² au niveau des paumes et des plantes) ; sa production diminue avec l'âge.
La régulation de la sudation est sous le contrôle d’une glande du cerveau, l'hypothalamus.

L’hyperhidrose est une affection fréquente (0,5 à 1 % de la pouplation) et invalidante. Elle concerne les aisselles dans plus de la moitié des cas. Elle est souvent primitive mais parfois associée à certaines maladies comme l'algodystrophie réflexe, le diabète, etc ...
Le traitement traditionnel reposait sur des traitements locaux ou médicamenteux et, en cas d’échec, l’excision des glandes sudoripares ou la sympathectomie thoracique sous thoracoscopie Cette dernière est généralement active sur la moiteur des mains, moins sur l’hyperhidrose axillaire.

L'hyperhidrose est due à un hyperfonctionnement du système nerveux cholinergique sur lequel la toxine botulique agit, de manière transitoire et donc fonctionnellement réversible, en inhibant la libération d’acétylcholine par les nerfs responsables de la sudation,

La toxine botulique trouve son indication quand l'hyperhidrose entraîne une gêne fonctionnelle importante retentissant sur la qualité de la vie ou qu'elle présente un risque élevé de complication, soit d’emblée en cas d’hyperhydrose sévère, soit après avoir essayé les traitements alternatifs classiques.

En pratique, comment cela se passe-t-il ? Tout d’abord, il ne faut pas avoir appliqué de déodorant et d'antiperspirant dans les 24 h précédant le traitement. Le jour du traitement, les aisselles seront rasées ou épilées puis lavées à l'eau et au savon. Au cabinet, le médecin établit une cartographie des zones d'hypersudation par le test de Minor (il consiste à appliquer un antiseptique iodé puis à saupoudrer d’amidon officinal pour délimiter la zone à traiter). Puis les injections de toxine botulique sont réalisées (pratiquement indolores), à raison de 15 à 25 en moyenne par aisselle.
Dès la première semaine, 95% des patients sont de bons répondeurs. Le résultat est maintenu pendant 6 mois à 1 an et plus. 93% des patients sont satisfaits par rapport aux traitements antérieurs. Certaines études ont montré que sur 10 patients, 3 n’ont besoin que d’une série d’injections, les 7 autres réclamant la réinjection de toxine. La durée moyenne d'efficacité est de 10 mois. L'amélioration de la qualité de vie (psychisme, relations sociales, sportives et sexuelles, nécessité de changer de vêtements) est remarquable et dure de 3 à 18 mois. Les patients soumis à plusieurs rappels d'infiltrations ont un effet thérapeutique plus prolongé.

Au total, même si il doit être éventuellement répété, le traitement par la toxine botulique peut être proposé d’emblée pour les hyperhidroses axillaires sévères. Le principal inconvénient en est son coût élevé (sur devis, entre 400 et 600 euros), lié à la quantité de toxine botulique nécessaire par comparaison au traitement des rides.