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Nutrition


 

Introduction

Le surpoids et l'obésité constituent un véritable problème de santé publique dans les pays industrialisés ; l'obésité est d'ailleurs reconnue comme une véritable maladie par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

En 2006, plus de 12 % de la population française était obèse* et 40 % présentait un surpoids** ou une obésité. De plus, la tendance est à l'augmentation d'année en année et touche toutes les classes d'âge, avec les conséquences prévisibles d'augmentation des maladies directement ou indirectement liées à l'obésité, comme le diabète de type 2, dont la fréquence augmente de façon importante.

Il faut également rappeler les effets néfastes du surpoids et de l'obésité pendant la grossesse, avec un risque plus élevé de complications chez la maman et le bébé. Or aujourd'hui, l'obésité concerne plus de 10 % des femmes enceintes dans la plupart des pays industrialisés.

Enfin, le problème du surpoids et de l'obésité chez les enfants a largement été médiatisé ces dernières années, de façon tout à fait légitime, la fréquence de l'obésité ayant triplé en 15 ans : plus de 30 % sont en surpoids et 13 % obèses.

Au-delà de l'indice de masse corporelle ou IMC, qui définit « médicalement » poids normal, surpoids et obésité, il est primordial de tenir compte également de la corpulence, c'est-à-dire du niveau de masse graisseuse et de masse maigre (notamment musculaire) et de la répartition de cette graisse. Ainsi, c'est surtout l'excès de graisse abdominale, déterminant le profil dit androïde, qui est responsable d'une augmentation du risque d'accident cardio-vasculaire (infarctus) ou de survenue d'hypertension, de diabète ou de problèmes de cholestérol.

En effet, cet excès de graisse viscérale est associé à une résistance à l'action de l'insuline dans certains tissus comme le muscle, le foie et le tissu adipeux. En effet, le tissu adipeux viscéral est un tissu métaboliquement très actif, qui libère de façon excessive des acides gras libres, substrats énergétiques potentiels qui vont être utilisés en premier lieu, avant le glucose, au niveau musculaire. Il s'ensuit une résistance à l'action de l'insuline avec moindre utilisation du glucose et donc un véritable cercle vicieux : le glucose ne peut pas pénétrer dans les cellules et est stocké sous forme de graisses !
La sédentarité aussi est associée à une résistance à l'insuline au niveau musculaire. Les muscles étant peu utilisés, leur vascularisation capillaire va diminuer, avec diminution parallèle des fibres musculaires de type 1 sensibles à l'insuline.

C'est ainsi que l'on a pu définir un profil à risque particulier, appelé syndrome métabolique (ou syndrome X), caractérisé par un tour de taille > 88 cm chez les femmes, 102 cm chez les hommes, une élévation des triglycérides, de la tension artérielle et de la glycémie et une diminution du HDL-cholestérol. Le syndrome métabolique est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, sa fréquence augmente avec l'âge et chez les sujets sédentaires. Dans un échantillon de la population française, 17 % des hommes et 10 % des femmes en souffrent et même 25 % de la population de 60 à 64 ans des deux sexes. Les différents troubles associés expliquent que chez ces sujets, le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par 3 et la mortalité cardio-vasculaire par 1,8.

Enfin, il ne faut pas oublier que le surpoids abîme les articulations, en particulier des vertèbres, des genoux et des hanches, entraînant douleurs et invalidités. Ainsi, le risque d'arthrose du genou est multiplié par 4 à 5 en cas d'obésité et plus de 2/3 des personnes à qui l'on doit poser une prothèse de hanche ont un poids excessif ! Enfin, un trouble du sommeil, appelé syndrome d'apnées du sommeil, est favorisé par le surpoids et l'obésité. Il s'agit de ronflements nocturnes avec des arrêts respiratoires courts, perturbant gravement la qualité du sommeil et entraînant une fatigue diurne importante. L'obésité augmente également le risque de différents cancers (côlon, rectum et prostate chez l'homme, utérus, sein et vésicule biliaire chez la femme).

Toutes ces données expliquent l'action de prévention entreprise au niveau national par le Programme National Nutrition Santé (PNNS), comprenant une sensibilisation auprès de la population et dans les écoles (site internet : www.mangerbouger.fr).

  * définie par un indice de masse corporelle (IMC) > 30 kg/m2
  ** définie par un IMC entre 25 et 30 kg/m2

 

Comment expliquer cette « épidémie » ?

Il est bien évident que les modes de vie et d'alimentation ont fondamentalement changé au cours des décennies. Plusieurs facteurs concourent à cette augmentation du surpoids et de l'obésité, notamment :

  • l'augmentation de la ration calorique quotidienne, liée notamment aux excès en lipides et sucres rapides dans l'alimentation actuelle,
  • les modifications des habitudes alimentaires (repas pris sur le pouce, fast food, etc)
  • et l'augmentation de la sédentarité (voiture, ascenseur, jeux vidéo, télévision, ..).
 

Grossesse et ménopause, des périodes à risque

La grossesse est une période à part dans la vie de la femme en terme de poids, puisqu'elle s'accompagne d'une prise de poids physiologique (normale), mais elle présente un risque particulier dans deux cas : soit en cas de surpoids ou d'obésité pré-existante, soit en cas de prise de poids excessive pendant la grossesse (ou les deux associés).

Certaines femmes ont tendance à se laisser aller, sous prétexte qu'il est justement « normal » de prendre du poids.. De plus, même en cas de poids initialement normal, des grossesses rapprochées, qui n'ont pas permis de perdre la totalité du poids pris pendant chacune d'entre elles, conduisent parfois insidieusement à une obésité face à laquelle il est ensuite plus difficile de réagir.

Sans trop entrer dans les détails, voici quelques notions importantes :

  • la prise de poids idéale pendant la grossesse dépend de l'IMC avant grossesse ;
  • la grossesse chez une femme obèse entraine un risque accru, pour la maman, de césarienne ou d'extraction instrumentale (forceps) en raison de la macrosomie fotale (poids excessif du bébé), de diabète et d'hypertension pendant la grossesse, de pré-éclampsie, de déclenchement pour pathologie et pour le bébé, de prématurité, de malformation congénitale, d'obésité et d'hypertension futures.
  • en pratique, il est difficile de distinguer les complications spécifiquement liées à la prise de poids excessive chez des femmes de poids normal avant grossesse de celles liées à l'obésité avant grossesse, citées ci-dessus.

En conclusion, il est donc important de se faire suivre spécifiquement sur le plan nutritionnel pendant la grossesse en cas de surpoids ou d'obésité antérieure, d'antécédent de diabète gestationnel ou même si l'on souhaite simplement s'assurer d'une alimentation équilibrée et adaptée ou que l'on a peur de déraper. Il ne faut jamais faire de régime « seule » pendant la grossesse, sous peine de carences potentiellement graves.
Il faut également savoir réagir à temps si l'on ne parvient pas à retrouver le poids d'avant grossesse et ne pas hésiter à se faire aider par un médecin, au risque de voir les kilos s'installer et augmenter au fil des années et avec les grossesses ultérieures.

La ménopause

Alors que la prise de poids moyenne est de plus de 10 kilos chez la femme entre 20 et 56 ans, celle-ci se majore chez certaines femmes vers 50 ans, lors de la ménopause, en raison des bouleversements hormonaux qui la caractérisent. Plus que la prise de poids, c'est la modification de la silhouette qui affecte la femme. En effet, la carence en oestrogènes, qui ont une action sur la répartition gynoïde des graisses (hanches et bassin, en « poire »), entraine un dépôt de graisse sur le ventre, donnant une silhouette androïde (ventre, en « pomme » de type masculin).

Silhouettes gynoïde (en poire) et androïde (en pomme)

La carence en oestrogènes induit également une diminution de la dépense énergétique de repos estimée à 100 calories par jour, qui facilite la prise de poids. Sont également en cause l'environnement psychologique souvent difficile de la cinquantaine (sensation de vieillir, transformation de la cellule familiale ou du cadre professionnel) et l'anxiété liée elle aussi à la carence en estrogènes, qui favorisent le grignotage.

Il faut signaler que le traitement hormonal substitutif semble limiter la prise de poids et la modification de la silhouette. Son indication doit bien sûr être discutée avec le gynécologue.

Au-delà de cette modification esthétique, il faut bien comprendre que l'augmentation de la graisse abdominale s'accompagne d'une augmentation de la résistance à l'insuline, du risque cardio-vasculaire et d'autres complications métaboliques, comme cela a été évoqué plus haut.

La période entourant la ménopause justifie donc souvent une consultation nutritionnelle, au cours de laquelle votre médecin déterminera avec vous la prise en charge nécessaire. Rappelons à cet égard l'importance particulière de l'activité physique à cette période.

 

Maigrir : quels bénéfices ?

Bien des personnes en surpoids souffrent principalement de leur image corporelle et ne sont pas assez conscientes du retentissement du surpoids sur leur santé, car celui-ci n'est pas instantané.
Pourtant, il faut savoir qu'une perte de poids, même modérée, est toujours intéressante pour la santé car elle peut suffire à améliorer la sensibilité à l'insuline (voir plus loin) et le profil des facteurs de risque, même si cela est à peine visible sur le plan vestimentaire.

En effet, la perte de poids se fait d'abord aux dépens de la graisse péri-viscérale, et cela d'autant plus qu'elle est plus abondante. Cela s'explique car la graisse viscérale est la plus active métaboliquement et cela permet aussi de comprendre pourquoi une perte même minime de poids peut avoir un effet bénéfique. Ainsi, une diminution de 10% du poids total correspond à une diminution de 30% de la graisse viscérale.

Une perte de 5 à 10 % du poids, soit 4 à 8 kilos pour une personne de 80 kilos, améliore les différents paramètres métaboliques (anomalies lipidiques, glycémie et pression artérielle), et réduit de façon significative le risque de diabète et d'accident cardio-vasculaire. Ainsi, la réduction de 1 cm de tour de taille diminue de presque 2 % le taux de triglycérides et augmente de 1 % le taux de HDL-cholestérol (« bon » cholestérol). Autre exemple : chez des personnes en surpoids et atteintes d'hypertension artérielle modérée, la moitié de celles qui ont perdu 5 % de leur poids initial ont normalisé leur tension artérielle.

Mais les bénéfices de la perte de poids sur la santé sont potentialisés par l'association au régime d'un exercice physique régulier. Une étude a été menée sur plus de 300 personnes de plus de 60 ans en surpoids et présentant une arthrose du genou qui ont associé régime et exercice physique régulier pendant 18 mois. Elles ont perdu en moyenne 6 % de leur poids corporel mais ont également bénéficié d'une amélioration de leurs fonctions physiques de 24% et d'une diminution de leurs douleurs de plus de 30%. Ces améliorations ont commencé à se manifester au bout de 6 mois et ont persisté jusqu'à la fin de l'étude, c'est-à-dire pendant les 12 mois suivants.

Perdre du poids permet donc non seulement d'améliorer son image corporelle, mais aussi d'une façon générale sa santé actuelle et future. Cependant, il faut être conscient des échecs fréquents des régimes à long terme et savoir que le plus difficile est de stabiliser son poids après amaigrissement. Or cela ne peut se faire qu'avec une alimentation équilibrée associée à un minimum d'exercice physique, ce qui nécessite parfois des changements d'habitudes alimentaires plus ou moins importants, qu'il faut être prêt à entreprendre et à poursuivre, au risque de subir le célèbre « effet yoyo »..